Episode 58 : RPU vs. RPO

Ready. Player. One. RPO. Un nom qui annonçait déjà le conflit avec le RPU. On passe en revue ce qu’on a aimé et moins aimé dans le dernier film de Spielberg.

Actu (00:02:24) : On commence par un hommage. Not’Président, Christophe Salengro, nous a quitté. On raconte ce qu’on gardera de lui, son flegme, sa hauteur, sa capacité à nous faire rire des choses les plus improbables et sa gentillesse. On élargit à Groland aussi. Papa a tellement donné dans les différents podcasts qu’il n’y a pas de news, et en soi c’est une news. Puis Daniel pose une question et raconte le reboot de sa chaîne Twitch.

La discussion (00:14:14) : Précédé par une campagne marketing insupportable, le dernier Spielberg emballe une partie de la critique, et laisse l’autre complètement de marbre. Le film serait-il réservé à une frange du public estampillée geek ? Nous, on est tous d’accord pour dire qu’on a pas du tout aimé. On détaille ce que l’on trouve réussi et ce qui nous pousse à estimer que le film est raté. Une chose est sûre, on risque d’en entendre longtemps parler.

Les recos (01:13:33) :
Papa: Free Fire, de Ben Wheatley
Kwyxz: Isle of Dogs, de Wes Anderson
Daniel: Le recueil de slam Ultraman is Airwolf d’Ernest Cline, et les ultimes chapitres The Mighty Thor par Jason Aaron.

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36 réponses sur “Episode 58 : RPU vs. RPO”

  1. 44:43 « Pourquoi tu te mettrais un truc sur les couilles tout en sachant que le seul truc qui peut t’arriver, c’est de te faire mal »

    Je blame les joueurs de Dark Souls. On voit où ça nous mêne leurs conneries, là.

  2. Vous passez quand même à côté d’un truc fondamental de l’histoire, qui est que l’Oasis n’est pas un jeu vidéo, mais bien un monde alternatif, un internet 3.0. Les personnages s’y rendent pour exister, et non seulement pour jouer. Du coup tout votre laïus sur les DLC ou les combinaisons sensitives tombe un peu à l’eau.

    Globalement j’ai l’impression que vous n’avez pas capté que le film traite de la disparition progressive d’une réalité merdique au profit d’un paradis virtuel façonné par l’homme. Le contraste de mise en scène entre réalité (triste et monotone) et monde virtuel (fun et coloré) joue d’ailleurs là-dessus. Et tout le propos du film – optimiste voire niais – est que l’Oasis est une chance pour l’humanité, un nouveau départ. D’où les motivations des protagonistes pour le préserver de la pieuvre marketing (ironique, vu le barouf marketing autour du film).

    À un moment Kwyxz se demande ce que les gens ont aimé dans le film, tout en déplorant le traitement superficiel des références pop (ce qui est effectivement une critique légitime) : bah c’est justement son optimisme et l’invitation au rêve. Sans parler de la mise en scène aux oignons, la performance capture irréprochable, et toutes les qualités objectives du film.

    Sinon Papa qui regrette que le film ne se termine pas comme un Roland Emmerich, tout en appelant Paul Verhoeven à la rescousse… Pourquoi vous continuez à inviter ce mec sérieux ? :/

    1. Globalement j’ai l’impression que vous n’avez pas capté que le film traite de la disparition progressive d’une réalité merdique au profit d’un paradis virtuel façonné par l’homme.

      Euh si on l’a compris, je veux dire c’est pas comme si y’avait autre chose à comprendre dans le point de départ du film. Ce qu’on dit c’est qu’à strictement aucun moment le film ne critique cette disparition de la réalité merdique, acceptée comme une fatalité par des personnages qui ne vont jamais essayer de se battre pour la rendre moins merdique, tout occupés qu’ils sont à sauver leur « OASIS » virtuelle.

      Pendant tout le film on te vend l’OASIS comme le dernier espace de liberté, ultime rempart d’une société qui, sortie de là, est en ruines. Pourtant on découvre qu’il y a quand même une police (même si elle est aux abonnés absents pendant que IOI fait son biz), des services de livraison (les combinaisons qui font mal aux couilles, elles ne sortent pas de nulle part), des marchés où « la résistance » va acheter des carottes, bref il y aurait de quoi faire mais ce n’est pas ce que le film a envie de raconter ni ce que les personnages veulent sauver.

      Non les personnages ils veulent sauver un univers virtuel sans lequel la vie n’a apparemment plus grand intérêt parce que la réalité c’est nul enfin sauf le mardi et le jeudi quand Art3mis et Parzival ils ont envie de niquer vu que la réalité c’est pas si mal en fait, et donc punition pour tout le monde. Qu’est-ce que c’est que ce message d’une incohérence grotesque qui débarque comme un cheveu sur la soupe ?

      Et je ne vois pas plus en quoi ça rend notre remarque sur les DLC caduque. L’OASIS, c’est Second Life avec des jeux intégrés dedans. Ça n’empêche que pour avoir une « vie » plus intéressante dans l’OASIS, tu raques façon Pay2Win sinon t’es condamné à trimer (c’est encore plus visible dans le livre où le héros va à l’école).

      Pourquoi vous continuez à inviter ce mec sérieux ? :/

      Parce qu’il est pertinent et qu’il a raison, Verhoeven aurait certainement fait un film beaucoup plus intéressant en réécrivant le script à sa sauce. En plus de nous trois Papa est certainement celui qui avait le moins détesté le film et l’a le plus défendu, donc bon.

      1. Pourquoi les personnages se battraient-ils pour leur monde alors qu’ils ont accès à une réalité – tout aussi tangible – où tous leurs fantasmes peuvent se réaliser (notamment s’incarner dans un autre corps) ?

        Je trouve la question tout à fait pertinente. Il me parait d’ailleurs probable que si une telle technologie voyait le jour, l’homme se mette à délaisser progressivement sa réalité (phase transitionnelle avant l’abandon des corps et le transfert des consciences dans des serveurs). C’est un poncif de la SF, on peut trouver ça concon, mais c’est le sujet du film (qui le traite de manière ouvertement optimiste, ce qui en fait son originalité, son propos et probablement son succès).

        Je n’ai pas adoré le film mais je lui reconnais une grande qualité : il raisonne doublement avec son époque :
        – culture geek et fascination pour les 80’s et 90’s (très « name-dropping » et premier degré, certes)
        – en phase avec les maux et obsessions des millenials : solitude généralisée, représentation de soi sur les réseaux sociaux, recherche d’aventures collectives – donc de sens – via les MMORPG, etc

        Cela en fait un objet passionnant à analyser. Et puis merde, c’est un super spectacle. Quand je me rappelle de votre indulgence avec Black Panther…

        Sinon Verhoeven ouais… Super.
        Tiens j’ai une idée de podcast : vous invitez Papa et vous discutez pendant deux heures de ce qu’aurait pu donner Avatar réalisé par Terrence Malick, ou Die Hard par Tarantino. C’est de la vraie cinéphilie ça…

        1. Pourquoi les personnages se battraient-ils pour leur monde alors qu’ils ont accès à une réalité – tout aussi tangible – où tous leurs fantasmes peuvent se réaliser (notamment s’incarner dans un autre corps) ?

          Bin moi je veux bien, mais le film prend le total contre-pied de ça avec son message final. Dans quel Monde est-ce que le fournisseur de la seule et unique source d’espoir existante coupe l’accès au truc deux jours par semaine parce que « eh les cassos essayez de vous trouver une meuf IRL pour niquer aussi mdr » sans déconner ?

      2. Hello,
        J’adore votre podcast (vos mêmes) et je suis très souvent en adéquation avec les avis sur les films, ou au moins avec un son de cloche (cf le film 3 Bilboards véritable chef d’oeuvre pour moi) et personnellement j’ai adoré RPO.

        Ce qui me gêne un peu dans vos critiques (car ya pas de soucis à ne pas aimer RPO obv) c’est qu’au vu des attentes placées dans ce film (cf critiques de Kwyxz sur le bouquin ya quelques mois, critiques globales des derniers films de Spielberg dans différents podcasts, bande annonce du film bof, direct classé dans le bottom des films attendus du précédent numéro,buzz des médias qui dit que c’est un très bon film etc…) tout était réuni pour que le film ne vous plaise pas avant même qu’il ait commencé.

        Très honnêtement, est-ce qu’il n’y a pas un peu de ça? Est-ce que vous vous êtes pas dit en entrant dans la salle « bon ce film se veut être un hommage de la culture pop de ces 30 dernières années je vais me focus sur tout ce qui me plait pas dedans »?

        Sinon pour revenir au film j’ai personnellement pris autant de plaisir à le voir q’un Last Action heros ya 25 ans (et comme je suis moins au fait que vous je ne savais pas que c’était du même auteur), il m’a beaucoup rappelé ce film (avec moins d’humour mais aussi plus de scènes « Whaou!! »).

        1. Zak Penn est effectivement crédité comme co-scénariste de Last Action Hero mais ca reste avant tout un film écrit par Shane Black. Il suffit de jeter un petit coup d’oeil au reste de la filmographie des 2 mecs pour savoir de quel côté penche la vraie paternité du film

        2. direct classé dans le bottom des films attendus du précédent numéro

          Euh tu es sûr que tu as écouté le précédent numéro ? RPO est super haut, pas du tout dans le bas du classement.

          1. Oui j’ai dit « direct dans le bottom » mais en fait ce que je voulais dire c’est que yavait vraiment très peu d’attente de votre part, suffit de réécouter le passage.

            En fait vous avez évidemment le droit de pas aimer tous les 3 le film mais dans ce cas vous auriez peut-être pu inviter un 4eme larron pour contrebalancer un peu.
            Cela aurait donner une émission plus intéressante à écouter.

            Surtout que dans l’intro du podcast vous dites
            « le dernier Spielberg emballe une partie de la critique, et laisse l’autre complètement de marbre. « , ce serait plus honnête de dire que la très grande majorité de la critique a été emballé et une minorité est restée de marbre.
            Ou alors on peut dire ça de 100% des films quoi.

          2. 75% sur Rotten Tomatoes on est loin de la « très grande majorité », pour rappel un Indiana Jones qui n’existe pas est à 77%.

    2. « Pourquoi vous continuez à inviter ce mec sérieux ? :/ »

      –> du hating comme on les aime 🙂 <3

      J'ai trouvé le film franchement cool, Spielberg a fait ce qu'il avait promis: un bon divertissement, sans prise de tête et tout public. Après c'est clair que le spectateur qui veut absolument intellectualiser le bouzin va peut-être pas y trouver son compte, mais le gars qui veut juste passer un bon moment au cinoche va kiffer.

      Après je vais pas critiquer la critique d'un film. la critique d'un film est déjà en elle même inintéressante à la base, si en plus on doit se mettre à critiquer ceux qui critiquent le niveau ne pourra que descendre. Dieu merci, on a pas besoin de critique pour savoir si on aime un film ou pas, si celui-ci est bon ou si c'est un gros navet. J'écoute avant tout After hate pour l'ambiance, pas pour la qualité de leur critique.

      J'ai trouvé par exemple Black Panters à chier, alors que notre trio de cette émission là se sont tous touchés la nouille dessus pour de mauvaise raison, je n'en suis pas mort, comme je et toi non plus par définition, ne mourrait pas d'avoir kiffé un film que notre équipe de haters favoris ont pas aimé !

      Peace man, tout ceci n'est que du podcast!

  3. Salut,

    Papa a tout dit : le film est ringard.

    C’est pas comme si Matrix et une partie de la culture visuelle/littéraire Japonaise avaient pas déjà élagué le terrain depuis 20 ans.

    Du « full entertainment » au « coup pied dans les couilles aux Geek ». Pas besoin de citer des films américains ou des animés japonais, c’est facile à trouver selon sa sensibilité.

  4. Pour une fois, je partage entièrement votre analyse, à tel point que j’avais l’impression de dériver avec vous trois dans la tête du robot géant RPU ! 🙂

    Je suis allé voir RPO en pur touriste, je ne savais rien du livre et je n’avais pas vu la moindre BA ou affiche, donc la surprise était totale. Enfin… l’absence de surprise plutôt, car le film se noie dans un océan de clichés et de caricatures, surtout concernant le rapport entre les héros et leurs avatars ! Comme l’a si bien décrit Daniel, le reveal de la fille est affligeant, on ne pouvait pas faire plus convenu et maladroit. Alors que si je découvrais qu’Art3mis était en fait le résistant bougon qui achète des carottes au marché (merci Kwyxz pour le rappel), c’était tout suite plus drôle !

    Ce qui m’amène au vrai problème du film : sa grande naïveté et méconnaissance des mondes virtuels, voir plus globalement de l’Internet. Dans ce que certains qualifie d’optimisme, je vois plutôt une solution de facilité pour se débarrasser de tous les vrais sujets un peu caustiques qui pouvaient être traités. L’Oasis présentée n’est clairement qu’un rêve de Bisounours, quiconque a déjà foutu les pieds en ligne sait comment une telle expérience finirait en vrai : insultes, porno, russes, frags à tout va et convention de cosplay à Auschwitz, mais au premier degré ! 😀

    Alors c’est vrai qu’avec Spielberg aux manettes, on ne pouvait pas s’attendre à une oeuvre qui se roule dans la fange, mais du coup je comprends Papa quand il évoque la vision qu’aurait pu apporter quelqu’un comme Verhoeven ! Parce que tonton Steven ne fait même pas l’effort de gratter un peu, même gentiment. Typiquement, quand le vil mercenaire et son stuff de 10 ans meurt, ça ne coûtait rien de pondre un twist un brin cynique sur son identité et sa réaction IRL !

    Après, c’est toujours agréable de se faire brosser dans le sens du poil et ce n’est pas tous les jours qu’un blockbuster évoque le jeu vidéo avec bienveillance, donc je n’ai pas complètement boudé mon plaisir. Malgré un potentiel inexploré et son manque d’originalité le film reste une fable d’aventure correcte pour petits et grands enfants.

    Finalement, RPO est un peu ce pote sympa, lourdaud, mais inoffensif. Le mytho dont tu fais mine de gober les histoires invraisemblables avec des ficelles plus grosses que lui. Ou encore ce mec qui te fait sourire lorsqu’il évoque Oddjob… avant de se prendre les pieds dans le tapis de la (pop) culture, voulant te faire croire qu’en 2045 le FPS préféré des jeunes est GoldenEye en mode désarmé…

  5. J’entend souvent la critique « utiliser des icones pop et les vider de leur substance (aka l’utilisation de shining / Iron giant ect…) », mais c’est pourtant déjà comme ça dans les jeux. Les gens veulent un skin cool, parce que ça leur rappel un personnage qu’ils aiment. Si le jeu c’est « Earth Defense Force » et qu’on te propose un skin du Iron Giant à conduire en se battant contre des Aliens…la majorité des gens vont le prendre et pas se poser la question du « Oui mais dans le film il est pas comme ça ».
    Bref le film a plein de défauts mais celui là n’en ai clairement pas un.
    J’ai même trouvé que c’était au contraire très bien utilisé et limite j’y ai vu la thématique de « Que deviennent les icônes pop deviennent dépossédés de leur sens premier et comment les gens les transforment et se les ré-approprient ».

    1. «Ce que deviennent les icônes pop avec le temps, dépossédés de leur sens premier et comment les gens les transforment et se les ré-approprient »
      J’ai appuyé sur « envoi » un peu trop vite, désolé.

  6. Bonjour,
    Ayant vu le film et l’ayant beaucoup aimé et en étant un grand fan de AH et SCB depuis les premiers épisodes, j’angoissait presque à l’idée d’écouter cet épisode (vous suivant sur Twitter j’avais deviné que ce n’était pas votre film de l’année).
    Finalement j’ai serré les dents et ça s’est plutôt bien passé, j’ai entendu toutes vos critiques.

    Mon seul commentaire est le suivant: Avec l’expérience et le nombre de films vu avec les années, n’avons-nous pas tendance à sur-interpréter tous les films? L’analyse clinique de chaque incohérences n’est-elle pas applicable à tous les blockbusters, même les meilleurs (combien d’invraisemblances dans Interstellar ou même Jurassic Park) ? L’absence de message pertinent est-il vraiment un problème si on a été divertit et emporté par la maestria du film?
    Ne devenons nous pas parfois le critique que l’on méprisait plus jeune car il n’avait pas aimé notre film préféré (voir par exemple la critique de libération de Retour vers le Futur https://bit.ly/1jSMz2L )?

    Je ne vous suis pas sur ce film, mais par exemple Interstellar m’avait violemment énervé en sortant de la salle. Je trouvais le film génial, jusqu’à l’entrée dans le trou noir. Je ne comprenais pas comment c’était possible d’avoir validé ce script passé ce moment, ça me paraissait incroyable. Je me sentait un peu seul sur ce coup. Je n’était pas entré dans le « délire » comme vous pour RPO. Voilé en gros le but de mon message, n’est-ce pas plus simple de dire « Ce film ne m’a pas plu, je n’ai pas réussi à dépasser ma suspension d’incrédulité, mais beaucoup de gens ont eu du plaisir tant mieux »? Plutôt que de passer une heure à répertorier les incohérences, même si ça peut être amusant.

  7. Très bon épisode, outre les avatars premiers degrés et caricaturaux (voir offensant), les scenes filmées médiocres, les trous scénaristiques et le message creux, je trouve que le générique de fin est assez explicite :
    – Même pas un easter egg, pas une référence et geek ou visuel de culture pop.
    On est vraiment dans un filme IOI sans âme avec des références placés pour amener des clients mais dès que le film s’arrête on referme tout ; on va quand meme pas filer du rab ou faire du geek …
    Et très bien aussi, les boites de jeux sont cités rapidement à la fin sans même les logos alors qu’il s’agit des vrais créateurs de jeux et que l’insertion de leurs persos constituent, pour ma part, un des seuls attraits du film avec l’épreuve de course et l’introduction de l’univers.

  8. Hello,

    C’est vrai qu’il manquait un invité pour contre-balancer les propos, c’est très sévère.

    Le film reste un bon divertissement, pas de scène inutile, une bonne réalisation, un scénario bien construit. Point noir, la morale est très maladroite, voire contradictoire avec le reste du film.

    Je ne crois pas que l’oasis soit un pay-to-win, au contraire. C’est maladroitement présenté mais j’ai l’impression que l’argent virtuel se gagne en passant du temps dans le jeu et les items comme le gundam se gagnent dans des quêtes (la bataille au début du film). Les gens forment des clans pour faciliter ce processus, comme des guildes dans WoW. Ce qui m’étonne c’est que le facebook ou le second life de 2045 soit présenté comme un jeu : habituellement la majorité des gens semblent se contenter d’incarner leur propre personne sur les réseaux sociaux, en sublimé. Pourquoi tout le monde deviendrait « geek », ça reste un mystère pour moi, même si c’est plus ou moins justifié par la recherche de l’easter egg qui nécessite de s’intéresser à la pop-culture.

    Selon moi les avatars sont avant tout utilisés comme des références pour les personnages de l’histoire, avant d’être des références pour le spectateur du film (même s’ils le deviennent par transitivité). Quand on se dit ça, c’est plus facilement acceptable : les joueurs aiment simplement s’acheter des skins. Ils ne le font pas pour représenter les valeurs d’un héros qu’ils aiment, juste pour lui ressembler, que l’on comprenne ou non sa symbolique. C’est ce que l’histoire nous raconte, c’est du « geek grand public ». Ça semble montrer qu’en fait l’auteur n’aime pas l’industrialisation de la pop culture, ce qui mène à la morale bancale de la fin du film.

    Pour le méchant, selon moi il prend simplement l’apparence d’un homme de pouvoir qui pourrait être réel, ça pourrait être un homme politique ou un CEO, vu qu’il n’aime pas la pop-culture et ne s’y intéresse pas.

    Voilà pour moi, pas de raison de détester le film, ni de l’adorer, juste un bon moment de divertissement ^^

    PS : bizarre le passage sur les « haters » pour une émission avec « hate » sans son nom xD

    1. Je ne crois pas que l’oasis soit un pay-to-win, au contraire. C’est maladroitement présenté mais j’ai l’impression que l’argent virtuel se gagne en passant du temps dans le jeu et les items comme le gundam se gagnent dans des quêtes (la bataille au début du film).

      Et tu peux débloquer tout ça beaucoup plus vite en payant : c’est donc exactement un pay-to-win. C’est l’exacte définition d’un pay-to-win à microtransactions.

      Sinon pour ce qui est d’entendre des voix dissonantes, franchement y’a pas trop besoin d’aller chercher loin, écoute NoCiné et tu les auras tes avis positifs sur Ready Player One.

      1. Je ne me souviens pas de micro-transactions dans le film (je n’ai pas lu le livre, peut-être y est-ce mieux expliqué). Par exemple dans la scène où Parzival est en panne d’essence, il me semble qu’il parle d’une monnaie in-game, pas d’une monnaie irl, mais j’ai peut-être mal compris.

        Je vais écouter le NoCiné, mais plutôt qu’ultra-positifs que je cherche des avis nuancés, une denrée bien rare. Après je peux comprendre que la passion soit plus forte que la raison ^^

        1. C’est en effet moins clair dans le film, beaucoup plus explicite dans le livre, mais c’est la raison pour laquelle il se traine un avatar miteux au lieu d’avoir un perso de Street Fighter ou je ne sais quoi : parce qu’IRL, il est pauvre. Du coup il ne peut pas utiliser d’argent réel converti en argent virtuel et s’acheter des trucs cool facilement.

          Ça rend d’ailleurs sa possession de la DeLorean dès le début assez paradoxale, dans le livre il a pas les moyens et il faut qu’il remporte la première épreuve pour pouvoir se l’offrir, youpi on a trouvé une nouvelle incohérence à laquelle je n’avais pas pensé \o/

        2. Dès le début le mec de la tante du héro explique qu’il a dépensé beaucoup de vrai argent dans le jeu pour améliorer son avatar, mais qu’il a tout perdu.

  9. Du grand After Hate, du fiel de qualité. tel 3 piliers de comptoir, vous « disertez » d’un film et non de cinéma. Pour changer.

    J’aime le film et n’écris pas pour le défendre, que vous ayez aimé ou pas, comme l’a dit le grand Jacques « ça m’en touche, sans bouger l’autre ».

    Mais la pauvreté des arguments (j’attendais mieux de votre part) ne vous réduit qu’a vous exprimez sur une portion réduite de l’œuvre. En égrainant les références, en bloquant sur les détails, en soulignant des « incohérences » propres au medium fictionnel. Vous devenez ce que le film dénonce, des avatars figés dans des références du passé (et qu’ils convient de détruire) dans un Oasis anesthésié par l’immobilisme de ceux qui prétendent y trouver un refuge (un substitut à la vraie vie).
    Le film est à voir en regard la filmo de Spielberg, c’est l’aspect le plus intéressant où commencer à analyser l’œuvre. Son rapport à un imaginaire dont il est le créateur, le fait que tout cela peine à se renouveler (cf Stranger Things). Le film joue d’ailleurs de la même thématique politique que Pentagone papers. Si le premier sublimait la liberté de la presse, le second met en garde contre la possible perte de la neutralité du Net. De plus qu’il est également choisi SHINING, et non pas WAR GAMES, en dit long sur ses intentions, il revisite sa cinéphile (et la notre par extension) en évitant de glorifier son œuvre.

    Si révolution il y a, je crois qu’elle se situe, entre autres, dans la prouesse technique que le film représente et que vous semblez ignorer. La MoCap fait encore un bon un avant. La frontière entre réel et virtuel n’a jamais était aussi ténue. En attendant Cameron qui la repoussera encore.

    Bref, seul le temps décidera si RPO sera un chef d’œuvre, une œuvre matriciel ou un simple film perdu dans la filmo d’un des plus grands réal. Car même un film « mineur » de Spielberg à quelque chose à dire de plus intéressant que la majeur partie des productions actuel.

    1. Si vous avez adoré Ready Player One tant mieux pour vous quelque part mais je pense pas que la meilleure manière d’aborder les critiques des gens qui ont détesté passe par le mépris. Mais bon vous faites comme vous le sentez hein ! Soyez juste pas surpris si on vous envoie chier.

      Mais j’ai bien rigolé en lisant qu’apparemment le film « dénonce » quelque chose, ça valait le coup.

      1. C’était bien la peine d’écrire correctement pour être aussi mal lu et mal compris. Il n’est pire sourd que celui qui ne veut pas entendre dit le proverbe. Dommage. Continuez à ne vous adresser qu’à votre communauté. L’entre-soi ne doit vous être plus que rassurant.
        à bon entendeur…

        1. tel 3 piliers de comptoir, vous « disertez » d’un film et non de cinéma. Pour changer.

          Du mépris.

          J’aime le film et n’écris pas pour le défendre

          Heureusement que c’est précisé parce qu’on pourrait s’y tromper !

          Mais la pauvreté des arguments (j’attendais mieux de votre part)

          Du mépris + une touche de condescendance.

          Vous devenez ce que le film dénonce

          Là il paraît que j’ai mal compris, le film dénonce un truc ou pas ?

          Si révolution il y a, je crois qu’elle se situe, entre autres, dans la prouesse technique que le film représente et que vous semblez ignorer.

          C’est pas qu’on semble l’ignorer (mépris, encore) c’est surtout que la prouesse technique on s’en bat royalement les couilles quand le film n’a rien à raconter. Que ses personnages sont de pauvres enveloppes encore plus vides que leurs avatars, des archétypes nuls auxquels on fait débiter des platitudes en guise de dialogues, que le film se tire une balle dans le pied avec son message final grotesque en contradiction totale avec la thèse avancée durant presque deux heures, et c’est cool qu’il revisite sa cinéphilie en tournant une scène dans un décor de Shining mais finalement vu qu’il n’en fait rien il aurait tout autant pu utiliser Mon Curé Chez Les Nudistes que ça aurait été la même chose.

          La MoCap fait encore un bon un avant. La frontière entre réel et virtuel n’a jamais était aussi ténue. En attendant Cameron qui la repoussera encore.

          Vu qu’apparemment je suis en présence d’un gars impatient de voir une suite à Avatar, je comprends un peu mieux pourquoi ça a l’air tellement important la prouesse technique, en tout cas plus qu’une vraie réflexion sur l’apport du virtuel dans une vie, sur ce que peut causer la surexposition audit virtuel, sur ce qu’un avatar peut signifier de la personnalité réelle d’une personne, tout un tas de sujet dont il n’est strictement jamais putain de question dans Ready Player One parce que pas le temps faut placer CHUCKY et LA MOTO DE KANEDA DANS AKIRA. Et c’est bien beau d’avancer « Le film est à voir en regard la filmo de Spielberg » parce que c’est ce qu’avancent tous les défenseurs du film, mais c’est un peu court vu que c’est aussi là que tous s’arrêtent. C’est cool mais si je mets Ready Player One en face de Hook je vois deux étrons, on est bien avancés.

  10. Incroyable les réactions divergentes autour de ce film que je n’ai toujours pas vu…

    Je tiens d’abord à saluer l’équipe d’After Hate que j’ai toujours plaisir à écouter, merci les gars, le temps que vous prenez à faire vos émissions nous permet de nous évader et d’avoir des moments de pur détente en votre compagnie (j’ai parfois l’impression d’être à vos côtés en vous écoutant avec un casque 🙂 ) entre gens passionnés, et je rajouterai car je suis de votre génération (celle que j’appelle « la génération qui a connu ‘Récré A2’ et le ‘Club Dorothée' ») entre gens qui se comprennent^^.

    Cependant, notre génération ‘geek’ est parsemée de pseudos fans, pseudos spécialistes qui se permettent constamment de donner des leçons mais qui n’ont pas compris qu’on a le droit d’avoir des avis différents, des émotions différentes sur la perception d’une oeuvre; et qu’avant tout un film se juge par les sensations à sa première vision, et non par l’analyse.

    Je suis cinéphile mais ce n’est pas Stanley Kubrick qui m’a fait aimer le cinéma, même si pour moi il est au dessus de tout le monde, j’étais trop jeune pour comprendre ses films et si j’ai commencé à devenir cinéphile c’est grâce à des gens comme Carpenter, Spielberg ou McTiernan que je me suis pris mes premières claques, et on se rappelle de leur image à l’époque, beaucoup moins respectueuse qu’aujourd’hui.

    Bref ce que je veux dire c’est que j’adore vous écouter même si parfois nos avis divergent.
    Vous avez adoré ‘Blade Runner 2049’ comme moi, mais pas les gens de ‘NoCine’ ou ‘Capture Mag’ (qui chient souvent sur le cinéma de Denis Villeneuve), mais j’adore les écouter aussi.

    Je me ferai donc mon avis sur ‘Ready Player One’ et si j’aime, je respecterais quand même votre jugement car comme je l’ai dit, c’est agréable d’avoir ces podcasts passionnants qui font un gros doigt d’honneur à la presse ciné ‘main stream’ qui nous prend elle pour des cons depuis 20 ans^^.

    Bonne continuation et merci encore 😉 !!

  11. Un vrai bon épisode, de la hate, de la vraie. C’est purement gratuit de ma part puisque je détestais d’avance ce film qui prétendait aller chasser sur les terres du nain Avalon (beaucoup plus génial que le marbre le laisse croire mais soit) à coups de centaines de millions $.

    En vous écoutant j’ai résumé le film à « Alcazar contre Tapioca au pays du p2w » ça faisait une image rigolote dans ma tête.

    En fait ce film est une imposture, faussement geek et réellement mainstream. J’ai vu les vrais geeks plutôt le honnir et la presse généraliste l’encenser. Perso je définis le geek (comme mouvement, si on veut) comme la branche technophile de la contre-culture. Le monde des passions de niche. L’inverse de RPO et son espèce de Second Life qui n’a jamais intéressé que les journalistes de Libé.

    Par contre du coup j’ai pas trop compris effectivement il y a une incohérence dans le message et on sait plus trop si le message c’est « restons dans notre monde virtuel c’est beaucoup plus cool » ou (comme beaucoup le déplorent) à l’inverse « le virtuel c’est bien la vraie vie c’est mieux ». Y’a un truc à préciser de ce côté.

    1. Il faut faire attention à ne pas confondre le film et l’Oasis. L’Oasis est une imposture. Le film nous montre l’Oasis, le film n’est pas l’Oasis. A partir du moment où il s’agit d’un réseau avec des millions d’utilisateurs, il devient mainstream par nature. Evoquer de la culture de niche n’a pas sa place, et c’est même dérangeant quand les références sont trop pointues, impossible que des millions de gens connaissent Adventures par exemple. Le film peut nous faire détester l’Oasis, à la manière d’un GoT qui nous fait détester King Joffrey. Cela étant dit, ça ne lui enlève pas tous ses défauts, mais mon propos est qu’on ne peut pas résumer les défauts du films aux défauts de l’Oasis. Mais peut-être que le spectateur avait tellement envie d’aimer l’Oasis qu’il en a oublié que c’est un réseau virtuel dans une histoire fictive.

  12. Si on écoute un podcast qui s’appelle AfterHate, il vaut mieux être ouvert à la critique. Ils détruisent parfois des films que j ai aimés, et ça me fait quand même marrer d’entendre leurs arguments. C’est la règle du jeu.

    Ensuite pour RPO, en plus de la morale douteuse, ou même de l’absence totale de morale (elles sont où les utopies, même foireuses, de notre enfance), l’histoire n’a absolument aucun sens. Le monde virtuel est censé être global et ils se retrouvent tous dans la même ville, et dans la rue putain! Il y en a tellement comme ça, comme le mec qui se remet en quelques heures de la mort de sa tante, la police qui débarque à la fin,etc. Le pire, c’est quand il voit que sa copine a une tache de naissance en vrai et qu’il la victimise comme un connard sans même lui demander si LUI il lui plait! Non forcément, elle a une tache de naissance, donc forcement c’est elle qui doit jouer la victime…

    Le problème de RPO c est que, au premier degré, c est une histoire bancale pour pré-ado qui aurait quelques références , et au second une histoire pour nostalgiques blasés, équivalent geek du soixante-huitard qui aurait fini à Goldman Sacks. Pas ma came.

  13. Je comprends globalement la plupart des critiques que vous faîtes au film même si je ne les partage pas toutes.

    Mais parfois vous allez un loin dans l’interprétation ou l’analyse. J’avais l’impression de me retrouver en Seconde dans mes cours de français quand on passait 2h à étudier la moindre signification de chaque mot d’un poème de 16 lignes de Baudelaire.
    En faisant ça, malheureusement on peut démonter n’importe quel film.

    Pour moi le film pêche par son absence de critique sociétale. Et pourtant il y a de la matière car il nous montre 2 mondes opposés mais reliés. L’impression que Spielberg n’a pas voulu se mouiller. Pourtant il aurait pu faire une critique par la narration, pas besoin de laïus (genre un peu comme Fury Road).

    Mais ça fait du bien un épisode qui revient aux racines du nom du podcast 🙂

  14. Vu le film ce matin, et je me suis dit que j’allais écouter votre podcast dans la foulée, pour comparer mon avis avec le votre…

    Globalement, je suis d’accord avec vous sur à peu près tous les points soulevés, vos arguments sont clairs et comme d’hab Papa apporte un vrai plus à votre analyse. Y’a juste un truc qui m’a fait bondir, à tel point que j’ai dû remater la scène pour être sûr.

    Grosso modo vous nous expliquez que le héros se comporte comme un un connard lorsqu’il découvre la tâche de naissance d’Artemis (Daniel dit qu’il a eu honte et Kwyxz cite approximativement le héros « c’est pas grave je t’accepte quand même »).

    Alors à aucun moment le héros ne prononce ces mots (ou quelque chose d’équivalent) et à aucun moment il ne se montre déçu ou même hésitant à cause de cette tâche de naissance. Il dit juste « contrairement à ce que tu m’a dis, je ne suis pas déçu » et « tu as une tâche de naissance, et alors ? ». Et encore, il en parle parce que c’est elle qui met ça sur le tapis. La scène est dispo sur youtube : https://www.youtube.com/watch?v=6BnqLoWhw4k

    Certes la réalisation insiste (lourdement) sur cette tâche (alors qu’effectivement on s’en balec) mais c’est pour souligner le fait qu’Artemis en souffre, je trouve ça vraiment malhonnête de vous en servir pour dire que le héros est un connard.

    Après j’ai vu le film 6 mois après sa sortie, on a peut être vu un montage différent, je ne sais pas…

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